Fusée : la France a retrouvé un savoir-faire perdu depuis des décennies à 400 km d’altitude
La France a réussi un nouveau tir de sa fusée-sonde Sylex, un lanceur destiné à tester de nouvelles technologies dans l’espace et la très haute atmosphère, ont annoncé le ministère des Armées et ArianeGroup. Développée par ArianeGroup, cette fusée doit permettre au pays de disposer d’une capacité nationale dans ce domaine.

Le tir s’est déroulé dans la nuit de mardi à mercredi depuis le site de la Direction générale de l’armement (DGA) Essais de missiles, à Biscarosse, sur la côte Atlantique. Sylex, pour Système de Lancement d’Expériences, est présenté comme « un lanceur national qui permet de tester en vol des nouvelles technologies au profit de la dissuasion française, du développement de démonstrateurs hypervéloces mais aussi d’applications civiles ».
Cette fusée suborbitale peut emporter une charge utile de 600 kg à une altitude comprise entre 200 et 400 kilomètres. Son premier tir d’essai avait eu lieu fin novembre 2025.
Un jalon pour le futur missile M51.4
Selon le ministère des Armées, ce tir a « permis de franchir un jalon technologique majeur en vue du développement de la charge utile du futur missile M51.4 », afin de le doter des meilleures performances face aux systèmes adverses auxquels il sera confronté. Le M51 est le missile nucléaire intercontinental tiré depuis les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins français.
La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a souligné sur X que Sylex « redote la France d’une capacité souveraine de vols suborbitaux et d’essais en haute atmosphère, dont elle était privée depuis plusieurs décennies ».
Une capacité progressivement abandonnée
La France avait pourtant été pionnière dans ce domaine. Dès les années 1950 et 1960, elle avait développé plusieurs familles de fusées-sondes destinées à réaliser des expériences scientifiques en haute atmosphère. Cette activité a ensuite été progressivement abandonnée à partir des années 1970, avec l’essor des satellites et la priorité donnée au programme Ariane. Faute de petits lanceurs nationaux adaptés à ces missions, la France devait se tourner vers des équipements étrangers.
Lors du premier tir d’essai, en juin 2023, d’un planeur hypersonique français baptisé V-MAX, préfiguration d’une arme à la trajectoire imprévisible capable d’atteindre une vitesse supérieure à Mach 5, soit plus de 6.000 km/h, l’engin avait dû être propulsé par une fusée-sonde de fabrication américaine. Avec Sylex, la France retrouve son autonomie pour mener ce type d’expérimentations, qui sont liées au développement de ses futurs missiles nucléaires et de ses armes hypersoniques.
Vincent Péry, directeur des programmes Défense chez ArianeGroup, a indiqué dans un communiqué : « Nous continuons en parallèle à travailler avec la DGA à la prochaine étape de notre feuille de route incrémentale, la fusée sonde Sylex en version bi-étage. »





