Ligne 18 du Grand Paris Express : sa mise en service, espérée avant fin d’année, est-elle reportée à 2027 ?
Le démarrage du premier tronçon de la ligne 18 du Grand Paris Express, destiné au plateau de Saclay, est « en sursis » et pourrait être reporté à 2027, selon trois sources qui évoquent des « problèmes techniques ». L’un des acteurs du projet dément ces informations. La mise en service était jusqu’ici espérée avant la fin 2026.

À terme, la ligne 18 doit relier Versailles à l’aéroport d’Orly. Elle fait partie des quatre lignes de métro (15,16,17 et 18) en cours de construction en Île-de-France, dans le cadre d’un vaste projet de 200 kilomètres de métro automatique et de 68 gares, baptisé Grand Paris Express, qui doit relier toutes les banlieues de Paris entre elles après 2031.
Le premier tronçon, qui part de Massy-Palaiseau, dans l’Essonne, compte trois gares : Polytechnique, Université Paris-Saclay et Christ de Saclay. Il devait être mis en service à la mi-décembre. Ces gares doivent desservir le plateau de Saclay, où se concentrent universités et centres de recherche, et accueillir aussi bien les habitants de la région que les chercheurs, ingénieurs et techniciens. Le tronçon comprend le plus long viaduc ferroviaire de France, long de 6,7 kilomètres.
Après dix ans d’études et de travaux, la Société des grands projets (SGP), maître d’ouvrage, a remis les clés du tronçon le 13 octobre à Île-de-France Mobilités (IDFM), autorité organisatrice des transports, ainsi qu’à RATP GI, gestionnaire d’infrastructure. Keolis, qui doit exploiter les rames et transporter les voyageurs, était également associé à cette remise.
Une marche à blanc toujours pas commencée
Deux mois d’essais, appelés « marche à blanc », devaient suivre. Sans voyageurs à bord, ils visaient à tester les rames et leurs connexions aux quais en conditions réelles. Cette période devait permettre d’envisager une inauguration juste avant Noël, date déjà reportée. Or la marche à blanc n’avait toujours pas commencé.
Dans un bref communiqué transmis à l’AFP, la RATP indique qu’IDFM, Keolis et elle-même considèrent que « les garanties techniques et sécuritaires de la marche à blanc n’étaient pas complètement réunies ». Elle cite comme « point majeur » le système d’automatisme de la ligne, coordonné par Alstom, et précise qu’il reste « quelques essais à dérouler » avant une exploitation sans voyageurs. IDFM dit « regretter ce nouveau retard » et renvoie la responsabilité « dans le camp d’Alstom et de la SGP ».
Alstom affirme que « tout fonctionne »
La lettre spécialisée Mobilettre affirme que des « défaillances répétées des systèmes d’automatisme relatifs à la circulation des trains », dont Alstom serait responsable, ont conduit le gestionnaire d’infrastructure et l’exploitant à prendre cette décision. Interrogés individuellement, les trois acteurs n’ont pas précisé à l’AFP ce qui ne fonctionnait pas. Mobilettre met aussi en cause « l’amateurisme du maître d’ouvrage » et ses « calendriers irréalistes ». Le Monde évoque de son côté le « système d’automatisation » conçu par Alstom, qui gère à la fois le cheminement des trains et les équipements des gares, et écrit : « Une infinie complexité, sous-estimée par la SGP ». La SGP ne s’est pas exprimée.
Alstom, mis en cause, a répondu à l’AFP par la voix d’un porte-parole : « Nous nous étonnons de ces informations qui ne correspondent pas à la réalité, nous avons testé les automatismes pendant plus de sept mois avec les partenaires et tout fonctionne ». Le groupe ajoute : « Aucun problème n’est remonté, s’il y avait eu des défaillances répétées, la SGP n’aurait pas pu procéder au transfert en gestion technique le 13 octobre ».
Une autre source, qui a requis l’anonymat, pointe une difficulté particulière : « pour la première fois sur un chantier de nouvelle ligne de métro, on est sur un ménage à quatre, avec une gestion d’infrastructures et un exploitant dissociés ». Selon elle, cette organisation complexifie les procédures.





