KJ-3000 : son nouvel avion radar pourrait passer à la production en série et inquiète Washington
De nouvelles images satellites suggèrent que la Chine pourrait avoir lancé la production en série de son avion de détection et de contrôle aéroportés KJ-3000. Destiné à renforcer les capacités militaires du pays, cet appareil est présenté comme un concurrent des systèmes occidentaux.

Ces images, prises le 5 octobre par Vantor, montrent trois appareils sur le site de Xi’an Aircraft Company (XAC), à Xi’an-Yanliang, ainsi qu’un quatrième au Centre chinois d’essais en vol (CFTE), situé à proximité. Pour J. Michael Dahm, chercheur principal à l’Institut Mitchell d’études aérospatiales, la présence de ces quatre appareils laisse penser que le programme est entré en phase de production en série. Le site spécialisé TWZ se montre plus prudent et évoque plutôt une première phase de production à faible cadence.
Dérivé du quadrimoteur de transport Y-20, et plus précisément de sa version modernisée Y-20B équipée de moteurs chinois, le KJ-3000 se reconnaît à son large radôme circulaire placé au-dessus du fuselage arrière. Il dispose également d’une perche de ravitaillement en vol au-dessus du cockpit, ainsi que d’une entrée d’air à l’arrière de l’appareil, probablement destinée au refroidissement de ses nombreux systèmes électroniques.
Une flotte chinoise aux capacités limitées
Selon plusieurs analystes, le KJ-3000 devrait pallier les limites persistantes de la flotte chinoise d’avions de détection et de contrôle aéroportés à réaction. Pour les systèmes les plus avancés, Pékin ne disposerait que de quatre KJ-2000 Mainring, dérivés de l’avion de transport russe Iliouchine Il-76MD. Leur production a été limitée par la disponibilité des cellules adaptées, alors que la flotte doit désormais faire face au vieillissement de ses appareils et à une dépendance persistante envers les chaînes d’approvisionnement russes.
Quel que soit son rythme de production, le KJ-3000 devrait renforcer les capacités chinoises de surveillance aérienne et de conduite des opérations militaires. Il s’inscrit dans une stratégie plus large d’expansion et de diversification de la flotte, dont le KJ-500 constitue aujourd’hui le pilier central, avec un parc estimé entre 60 et 70 appareils. Exporté notamment vers l’Algérie et le Pakistan, le KJ-500 reste toutefois moins performant que le KJ-3000, conçu pour offrir des capacités supérieures.
Un marché longtemps dominé par l’Occident
Longtemps dominé par les industriels occidentaux, notamment l’américain Boeing et le suédois Saab, le marché des avions de détection et de surveillance pourrait voir l’arrivée d’un concurrent chinois de taille. Cette évolution ne manque pas d’attirer l’attention du Pentagone, dont le dernier rapport annuel sur les développements militaires chinois consacre un passage au KJ-3000.
Le document cite notamment l’Armée populaire de libération (APL), qui « a effectué un vol inaugural avec l’avion de détection et de contrôle aéroporté KJ-3000 (AEW&C), qui servira d’appareil de surveillance pour contrôler les aéronefs, les navires et autres véhicules ». Il souligne également les capacités potentielles de l’appareil en matière de résistance au brouillage, de détection passive et d’identification des cibles. Selon le rapport, le KJ-3000 pourrait être le premier appareil au monde de ce type à utiliser un radar numérique.





