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Métro et RER : les usagers fatigués des fermetures de stations pendant les mobilisations sociales

  • La rédaction
  • 7 Nov 2026
  • Gestion

Au moins 32 gares et stations franciliennes ont été fermées jeudi 5 novembre en Île-de-France, en lien avec les manifestations. Le président de l’association Plus de trains, Arnaud Bertrand, dénonce ces fermetures à répétition et leur effet sur les correspondances, en particulier en banlieue. Il réclame une meilleure coordination entre les préfectures, Île-de-France Mobilités et les opérateurs.

Métro et RER : les usagers fatigués des fermetures de stations pendant les mobilisations sociales



La journée de grève et de manifestation du 5 novembre a compliqué les déplacements de nombreux voyageurs franciliens. Comme à chaque mobilisation, certaines stations autour des Champs-Élysées ou de l’Assemblée nationale sont fermées, tout comme celles situées à proximité des lieux où doivent se tenir les rassemblements. Ces fermetures peuvent désormais être plus larges encore.

L’association Plus de trains reproche à la préfecture de Police d’avoir fermé de nombreuses stations de métro, de train et de RER de manière inopinée. Elle affirme que « ce jeudi 5 novembre, les usagers des transports collectifs ont dans l’ensemble été davantage gênés par la fermeture inopinée de nombreuses stations » que par les effets de la grève. Arnaud Bertrand ne conteste pas le principe des fermetures lorsque des impératifs de sécurité les justifient. Il critique surtout leur annonce tardive et l’absence d’indication claire sur leur durée. « La décision a été prise à 13 heures, explique-t-il. Les voyageurs se sont donc retrouvés coincés au dernier moment, sans savoir jusqu’à quand. Lors d’une journée de grève, il faudrait être informé en amont, au moins la veille. »

Des correspondances interrompues

Les difficultés s’accentuent lorsque la station abrite plusieurs lignes, rendant les correspondances impossibles alors que les trains continuent de circuler. « Si vous fermez La Défense ou Châtelet, par exemple, vous affectez en réalité un périmètre beaucoup plus large. Les lignes roulent, mais il est impossible de passer de l’une à l’autre », souligne Arnaud Bertrand.

Plus de trains insiste sur la situation en banlieue, où le réseau est moins dense que dans Paris et offre moins d’itinéraires de substitution. « Lorsqu’une station ferme dans Paris, les voyageurs peuvent souvent marcher jusqu’à la suivante. En banlieue, fermer un pôle majeur, c’est comme fermer le périphérique aux voitures », compare le président de l’association. Dans un contexte de forte affluence, les bus ne peuvent pas absorber l’ensemble des voyageurs reportés.

Parmi les pôles touchés figuraient notamment La Défense, Saint-Denis, Asnières – Gennevilliers – Les Courtilles, Boissy-Saint-Léger, Val de Fontenay, Créteil – Pointe du Lac et Épinay. À La Défense, la préfecture des Hauts-de-Seine a annoncé dans l’après-midi la fermeture temporaire au public des lignes A et E du RER, en invoquant la sécurité des voyageurs et des personnels.

La proportionnalité des mesures interrogée

Arnaud Bertrand reconnaît que « les conditions ne sont pas faciles pour la police » mais juge qu’il faut « rester vigilant sur la proportionnalité de ces mesures ». « Si les fermetures sont nécessaires, la moindre des choses est de pouvoir les justifier par la suite », estime-t-il.

Il poursuit : « En l’état, on ne comprend pas la carte des perturbations. Si l’objectif est d’empêcher des casseurs de rejoindre certains quartiers, ils peuvent marcher dix minutes et reprendre les transports à la station suivante. Pendant ce temps, des milliers de personnes sont empêchées de se déplacer correctement. »

Plus de trains considère par ailleurs que « les fermetures inopinées de grosses stations sur ordre de la préfecture sont de plus en plus fréquentes », lors de manifestations mais aussi à l’occasion de visites diplomatiques. L’association cite la fermeture de Charles de Gaulle – Étoile lors de la visite en France du chef d’État allemand Frank-Walter Steinmeier, le 8 octobre. Cette mesure avait affecté les correspondances entre les lignes 1, 2 et 6 du métro et le RER A.

Anticiper et préserver les correspondances

L’association formule deux demandes principales : fixer un délai minimal d’information des voyageurs, accompagné d’une durée prévisionnelle, et préserver autant que possible les correspondances dans les grandes stations. Le maintien de ces correspondances soulève toutefois des enjeux de sécurité, notamment en cas d’évacuation. Selon le président de Plus de trains, la demande n’est pas irréalisable, mais elle nécessite davantage d’anticipation, des effectifs de police en surface et une coordination renforcée entre les préfectures, Île-de-France Mobilités et les opérateurs de transport.

L’association affirme ne pas avoir obtenu de réponse de la préfecture à ses précédentes sollicitations sur ce sujet. Contactées, la préfecture de police et la préfecture des Hauts-de-Seine n’avaient pas donné suite au moment de la publication de cet article. Arnaud Bertrand indique en revanche échanger avec la RATP et Île-de-France Mobilités. « Beaucoup pensent que ces décisions servent à empêcher la population de se rendre en manifestation, c’est un débat politique qui sort de notre domaine. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’on ne peut pas prendre les usagers en otage », conclut-il.


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