Salaires : le gouvernement réunit syndicats et patronat lundi pour en discuter
Le gouvernement réunit syndicats et patronat lundi 9 novembre pour discuter des salaires et du pouvoir d’achat, dans un contexte de forte agitation sociale. Annoncée par Sébastien Lecornu alors qu’une mobilisation nationale se déroulait, cette conférence sociale doit aborder des revendications qui s’expriment depuis plusieurs semaines.
Trois samedis de manifestations et une mobilisation intersyndicale ont marqué cette période. Selon le ministère de l’Intérieur, lors de la mobilisation du 5 novembre, 575 000 manifestants ont été recensés dans toute la France. Après ces journées d’action, le gouvernement, les syndicats et le patronat doivent parvenir à un accord et prendre rapidement des mesures concrètes.
Revendications syndicales et débat sur le Smic
À l’approche de la réunion, les syndicats affichent un état d’esprit assez similaire. La CGT, par la voix de sa secrétaire générale Sophie Binet, pose le cadre : « La question qui est posée aujourd’hui, c’est pas «est-ce qu’on va gagner» mais «combien va-t-on gagner ?» ». Sophie Binet réclame une hausse du Smic de 150 euros. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, demande de son côté un coup de pouce de 100 euros, ainsi que des réponses concrètes sur les fins de mois des Français.
Le Smic figurera parmi les sujets abordés. Reste à savoir si les représentants patronaux accepteront de relever le salaire minimum, et dans quelle mesure. Cette hausse viendrait s’ajouter à l’augmentation automatique, de l’ordre de 1 %, prévue au 1er janvier. La question demeure centrale, alors que les négociations s’annoncent difficiles.
Le gouvernement doit concilier la nécessité de réduire les déficits publics avec une dette publique élevée, ses marges de manœuvre apparaissant très étroites, voire inexistantes. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, est chargé de finaliser, d’ici dimanche soir, les concertations sur ces sujets avec les représentants patronaux.
Le patronat répète qu’il est difficile de faire un effort sur les salaires sans alléger la fiscalité qui frappe le travail. Pour les PME notamment, le contexte économique ne permet pas de s’engager dans cette voie sans exposer leurs trésoreries et les investissements indispensables à leur développement. En échange d’une éventuelle hausse du Smic, il devrait chercher à obtenir le dégel des allègements de charges applicables aux bas salaires, ainsi qu’un allègement de cotisations pour l’emploi des jeunes.
Jeunesse et pouvoir d’achat au cœur des discussions
Le sujet de la jeunesse devrait figurer à l’ordre du jour de cette conférence sociale, organisée lundi prochain. Les débats devraient accorder une place importante aux revendications des jeunes, aux demandes syndicales et à l’attente des Français concernant leurs revenus.






