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Pâte à papier : malgré la prochaine liquidation de la dernière usine française, les syndicats restent confiants

  • La rédaction
  • 23 Oct 2026
  • Industrie, Juridique

Aucune offre de reprise n’a été déposée jeudi pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), dernier site français de fabrication de pâte à papier, à l’expiration du délai fixé par le tribunal de commerce de Toulouse. Les représentants des salariés et la région Occitanie restent toutefois confiants dans l’arrivée d’un repreneur portugais, porteur d’un « nouveau projet industriel ».

  • Aucune offre ferme n'a été déposée pour l'usine de Saint-Gaudens.
  • La liquidation judiciaire est prévue, mais le syndicat reste optimiste pour un redémarrage ultérieur.
  • Un projet industriel avec un groupe portugais Ghost est en cours de construction, avec un investissement potentiel de 200 millions d'euros.
  • Les salariés seront accompagnés malgré la liquidation, en attendant une relance possible dans les mois à venir.

Pâte à papier : malgré la prochaine liquidation de la dernière usine française, les syndicats restent confiants



Après le site de Tarascon, celui de Saint-Gaudens se trouve à son tour confronté à cette situation. Les juges avaient fixé au jeudi la date limite de dépôt des offres pour ce site qui emploie des salariés en nombre important. Selon des sources concordantes, aucune offre ferme n’a été déposée, mais « trois courriers majeurs » ont été transmis à la juridiction, a souligné vendredi la CGT dans un communiqué.

Ces courriers émanent de la région Occitanie, de l’État et d’un groupe papetier portugais, qui « réaffirme son intérêt particulièrement fort pour la reprise de notre outil industriel », selon le syndicat. Ce groupe n’a pas pu présenter d’offre en bonne et due forme, car, toujours selon la CGT, « son projet nécessite davantage de temps pour être construit, consolidé et concrétisé ».

Une liquidation judiciaire attendue

L’absence d’offre de reprise doit logiquement conduire le tribunal de commerce de Toulouse à prononcer prochainement la liquidation judiciaire de Fibre Excellence Saint-Gaudens. Une audience est prévue le 3 novembre devant la juridiction. Cette liquidation devrait parallèlement conduire à une procédure de licenciement de l’ensemble des salariés, qui feront l’objet de mesures d’accompagnement dans l’attente de la mise en place du projet de reprise.

La CGT refuse de considérer cette étape comme une fin. Le syndicat voit dans la phase qui s’ouvre « une période de transition pour préparer le redémarrage » de l’usine dans quelques mois.

Un projet en construction

Dans un communiqué publié vendredi, la région Occitanie affirme qu’un « nouveau projet industriel » est en construction pour Fibre Excellence, avec le soutien de l’État. Il porterait sur « la relance de la production de pâte à papier et le développement d’activités de transformation à forte valeur ajoutée ». Le groupe portugais Ghost, né dans les années 1990 et spécialisé dans la transformation du papier ainsi que dans les produits d’hygiène, en serait le maître d’œuvre. Il prévoit d’investir à terme 200 millions d’euros sur le site, selon la collectivité.

Le redémarrage de la production de pâte à papier est envisagé « sous 12 mois ». Le projet prévoit également « la création d’une usine de 50.000 m2 pour la transformer directement sur place en produits finis (couches, papier toilette, essuie-tout…) », a précisé la région. Une rencontre a eu lieu lundi entre la direction de Ghost, le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, et Carole Delga, présidente (PS) de la région Occitanie. Un accord a été trouvé « pour poursuivre les travaux nécessaires » à la réalisation du projet, selon la région.

Le ministre de l’Industrie a estimé que « l’absence de reprise à court terme ne signifie pas la fin de l’histoire ». Selon lui, Ghost « indique avoir besoin d’au moins six mois pour faire aboutir son projet ». Dans la « situation difficile » qui doit s’ouvrir après la liquidation, « la priorité est d’accompagner les salariés », affirme-t-il. « Les services de France Travail et la préfecture de la Haute-Garonne seront mobilisés pour leur apporter un soutien adapté et les aider à préparer la suite de leur parcours professionnel », a-t-il indiqué. Ce soutien pourrait déboucher sur un contrat de sécurisation professionnelle, qui permettrait de conserver les compétences techniques sur place et d’entretenir le site, selon La Dépêche.


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