Patrick Martin alerte : une hausse du coût du travail pourrait créer une pagaille dans les entreprises
Le président du Medef, Patrick Martin, a vivement critiqué, vendredi 23 octobre, la perspective d’une hausse anticipée du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic). Selon lui, cette mesure, combinée au renchérissement du coût du travail prévu dans le projet de budget de la Sécurité sociale, risque de « créer la pagaille dans les entreprises ».

Interrogé sur Franceinfo, à la veille de nouvelles manifestations contre la « vie chère », il a affirmé qu’une hausse du Smic était décidée « au motif d’acheter, en quelque sorte, la paix sociale dans la rue ». Il a ajouté : « on va créer la pagaille dans les entreprises ».
Une inquiétude sur le cumul des mesures
Patrick Martin souligne qu’une éventuelle décision du gouvernement sur une hausse du Smic, anticipée et plus importante que prévu pour répondre à la crise, ne fait pas à elle seule « tiquer le patronat ». Cette hausse viendrait toutefois « se surajouter » à la baisse des allègements de charges patronales prévue dans le projet de budget du gouvernement.
Il a de nouveau critiqué le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, qui prévoit un « surcoût du travail » pour les entreprises. Selon lui, ce texte imposerait 11,5 milliards d’euros de surcoût, en transférant des dépenses de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé, mais surtout en revenant sur certains allègements de charges. Le Medef évalue le coût pour les entreprises à 9,3 milliards d’euros, contre 3,7 milliards mis en avant par le gouvernement. Cette estimation intègre aussi des mesures déjà actées cette année, dont le gel des allègements décidé en 2026, qui a privé les entreprises de 2,8 milliards d’allègements supplémentaires. Ces sommes ne seront « plus disponibles » pour augmenter les salaires, a fait valoir Patrick Martin.
Protection des biens et des personnes
À la veille d’une nouvelle journée de mobilisations strictement encadrées, le président du Medef a appelé l’État à prendre des « mesures beaucoup plus fortes » pour protéger les biens et les personnes. Selon le réseau des chambres de commerce et d’industrie en France (CCI France), plus de 2 200 commerces ont été touchés par des violences et des pillages.
Patrick Martin rappelle que les entreprises paient « des impôts, y compris pour que l’ordre public soit assuré ». Il n’exclut pas, à défaut, de faire appel à la sécurité privée, tout en mettant en garde : « il ne faut pas tomber dans l’autodéfense, parce que d’abord, c’est hors la loi ». Il dit avoir transmis ce message aux entreprises du réseau Medef.
Effets sur les salaires
Le Smic est le salaire minimum légal en France. Il est réévalué chaque année au 1er janvier, et parfois en cours d’année en cas d’inflation élevée. Les hausses du Smic ont historiquement un effet d’entraînement sur les bas salaires, mais cet effet décroît rapidement au-delà de 1,5 Smic.
Pour le Medef, la combinaison d’une hausse anticipée du Smic et d’une réduction des allègements de charges risque de limiter la capacité des entreprises à augmenter les salaires au-delà du minimum légal. Elle risque aussi d’alourdir significativement leurs charges, dans un contexte déjà marqué par la crise et les tensions sociales.





