Shein investit 500 millions d’euros en Pologne dans une plateforme logistique pour contourner la taxe sur les petits colis ?
Le géant chinois du commerce en ligne Shein annonce un investissement de 500 millions d’euros en 2026 pour développer sa plateforme logistique européenne, implantée dans l’ouest de la Pologne. Ce projet doit lui permettre de limiter l’impact de la taxation européenne sur les petits colis.

Une plateforme agrandie à Wroclaw
Basée à Wroclaw, cette plateforme avait été ouverte en 2022. Shein présente son investissement comme destiné à « renforcer les capacités logistiques et de traitement des commandes de l’entreprise à travers l’Europe ».
Le groupe annonce également la création de « plusieurs milliers d’emplois supplémentaires, portant les effectifs totaux sur le site à plus de 10.000 personnes d’ici fin 2026 ». Une fois agrandie, la plateforme « comprendra près d’un million de mètres carrés d’espaces de stockage, soit une augmentation de 25 % de la superficie totale des entrepôts ».
« L’Europe constitue un marché clé pour Shein et nous sommes déterminés à investir dans les infrastructures et les capacités nécessaires pour accompagner notre croissance à long terme dans la région », commente le président de la marque pour la région Europe Moyen-Orient-Afrique.
Une entrée en Bourse et une taxe sur les petits colis
Fondé en Chine en 2012, le groupe de mode ultra-éphémère a fait son entrée à la Bourse de Hong Kong le 1er septembre. Cette opération lui a permis de lever près de 1,5 milliard d’euros.
Comme ses concurrents chinois Temu ou AliExpress, Shein est directement visé par la taxe de 3 euros sur les petits colis importés dans l’Union européenne. Mise en place par les pays européens depuis le 1er juillet, elle vise à réduire l’avalanche de produits chinois achetés sur Internet. Depuis le 1er novembre, des « frais de traitement » de 2 euros viennent s’y ajouter.
Près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l’UE en 2025, soit quatre fois plus qu’en 2022. Sur ce total, 93 % provenaient de Chine, généralement via des sites comme Shein, Temu ou AliExpress. Depuis juillet, ces flux ont chuté d’environ 64 %, mais Bruxelles prévient qu’il est trop tôt pour en tirer des conclusions.





