Envois de petits colis : en France, la chute est nette, signe que la taxe fait effet
Depuis le 1er juillet, l’Union européenne prélève une taxe de 3 euros sur chaque catégorie de produits contenus dans les petits colis importés d’une valeur inférieure à 150 euros, envois provenant bien souvent de Chine. Des « frais de traitement » de 2 euros s’ajouteront dès le 1er novembre, selon les mêmes modalités. Le gouvernement français y voit déjà des effets.

Cette mesure de Bruxelles vise notamment à réduire la déferlante de produits chinois achetés sur Internet. Les frais de traitement doivent, quant à eux, financer le renforcement des contrôles douaniers.
Le gouvernement a indiqué que le nombre de petits colis envoyés en France avait chuté entre juin et août, d’après les montants de TVA déclarés. Il y voit des « résultats tangibles » de la taxe européenne mise en place en juillet. Selon le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, ces montants ont plongé de 48 % sur cette période pour les petits colis à destination de la France.
Lors d’une conférence de presse à Bercy, son cabinet a précisé que cette baisse concerne à la fois les volumes et la valeur des envois provenant de sites tels que Shein, Temu et AliExpress.
Près de 5,9 milliards de petits colis en 2025
Le phénomène était d’une tout autre ampleur auparavant. Près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l’Union européenne en 2025, soit plus de 180 chaque seconde, soit quatre fois plus qu’en 2022. Sur ce total, 93 % provenaient de Chine, généralement via des sites comme Shein, Temu ou AliExpress.
Face à un tel volume, qui creuse le déficit commercial européen, il est impossible de contrôler systématiquement chaque colis. Des produits dangereux ou contrefaits peuvent ainsi passer entre les mailles du filet. Industriels et commerçants européens dénonçaient de longue date une concurrence déloyale, et plusieurs pays, la France en tête, ont poussé l’Union européenne à agir pour endiguer le phénomène.





