SNCF et Lohr : le train à batterie « poids plume » pourrait rouler dès 2029 sur des petites lignes du Grand Est et d’Occitanie
Le train léger sur batterie Draisy, développé par la SNCF et le constructeur Lohr, vise une mise en service commerciale en 2029 sur les petites lignes ferroviaires. Soutenu par l’État à travers l’Ademe, dans le cadre du programme France 2030, il doit remplacer des trains diesel retirés de ces lignes d’ici 2030 ou 2035.

Le sujet touche à l’aménagement du territoire. Les petites lignes représentent un tiers du réseau ferré français, soit 9.137 kilomètres de voies peu ou pas électrifiées. Beaucoup sont peu fréquentées, et certaines menacent de fermer. Selon la SNCF, il serait trop coûteux pour les régions de faire circuler des trains classiques sur ces lignes, en raison du prix des rames et de la modernisation de l’infrastructure.
Deux fois moins coûteux qu’un TER
Le projet associe Lohr Industrie, les PME GCK Battery et Stations-e, ainsi que l’Institut de recherche technologique Railenium. Le véhicule est 100 % électrique. Il pèse 22 tonnes, soit moins de la moitié d’un TER, pour 14 mètres de long. Il peut accueillir 80 voyageurs, dont 30 assis, à 100 km/h maximum.
David Borot, directeur Innovation Nouvelles Mobilités à la SNCF et directeur de Tech4Mobility, expliquait l’an dernier que ce train « est adapté à un petit volume de trafic et permet une réduction de 50% des coûts d’exploitation. Son coût d’acquisition est également deux fois moins élevé qu’un TER classique : 2,5 millions d’euros contre 5,6 millions d’euros ». Le matériel est prévu pour des trajets compris entre 20 et 100 kilomètres, avec une fréquentation de 1.500 voyageurs par jour.
Draisy désigne aussi un système complet, qui comprend les gares, la recharge des batteries, une signalisation dite « frugale » et la maintenance. Le Grand Est et l’Occitanie se sont montrés intéressés, comme le précise l’article source.
Essais en Tchéquie et en Moselle, homologation prévue
Lors du salon InnoTrans 2026 de Berlin, en septembre, Lohr a donné des nouvelles du projet. Un prototype de « mulet », c’est-à-dire la plateforme roulante sans la caisse, est testé sur l’anneau ferroviaire de Velim, en République tchèque. À Sarralbe-Kalhausen, en Moselle, la ligne démonstratrice est en préparation pour accueillir l’an prochain les essais du véhicule dans un environnement ferroviaire réel.
Julien Rat, directeur du ferroviaire chez Lohr, juge les résultats des tests à Velim « très satisfaisants ». Il précise qu’« en 2027, nous disposerons d’un deuxième prototype, beaucoup plus proche du véhicule de série ». L’année 2028 sera consacrée à l’homologation, avec un dossier de sécurité à déposer auprès de l’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF). L’objectif est d’obtenir l’autorisation de circulation avec voyageurs fin 2028.
Le domaine d’exploitation de Draisy est plus restreint qu’un train conventionnel. Il peut rejoindre une gare reliée au réseau principal, sans s’y engager, puisqu’il est destiné à rester sur les petites lignes. Les exigences réglementaires et de sécurité y sont, selon la source, moins nombreuses et moins rigoureuses, ce qui devrait accélérer l’homologation.
La Région Grand Est doit remplacer du matériel en fin de vie et envisage une exploitation sur deux ou trois lignes, ainsi que la réouverture de petites lignes de 20 kilomètres. La Région Occitanie a lancé fin 2025 une étude pour une première expérimentation sur la ligne Carcassonne-Limoux, rénovée en 2019. Dans cette région, 54 % du réseau ferroviaire correspond à des petites lignes, soit 1.429 kilomètres de voies. Le président de la SNCF, Jean Castex, a salué en février dernier, à Duppigheim, les qualités « économiques et écologiques » du projet. Ce soutien n’engage toutefois pas la SNCF financièrement, puisque ce sont les régions qui achètent le matériel roulant pour les dessertes locales et régionales.





