Stellantis : l’usine de Douvrin s’est définitivement arrêtée après plus de 50 ans de production
L’usine Stellantis de Douvrin (Pas-de-Calais), ex-Française de Mécanique, a définitivement cessé son activité vendredi. Le site avait produit des dizaines de millions de moteurs thermiques depuis la fin des années 1960, refermant avec lui un pan de l’histoire automobile française.

La fermeture avait été annoncée par Stellantis lors d’un CSE extraordinaire en juillet, alors que le transfert des salariés était engagé depuis plusieurs années. Le site avait cessé d’assembler des moteurs dès cet été, mais « poursuivait des activités d’usinage pour d’autres usines du groupe ». Cette production marginale a pris fin vendredi, a indiqué le constructeur à l’AFP.
Sur le même site, Automotive Cells Company (ACC), coentreprise de Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz, avait inauguré en 2023 la première usine de batteries électriques française, à proximité immédiate de l’usine de moteurs thermiques.
Un accompagnement des salariés
Selon Stellantis, près de 350 anciens salariés de Douvrin ont rejoint ACC depuis la création de la gigafactory. Le constructeur souligne que cette implantation a permis de les accompagner vers les métiers de l’électrique, grâce à un centre de formation dédié.
Le groupe affirme que tous les anciens salariés « disposent aujourd’hui d’une solution professionnelle » grâce à un accord d’accompagnement conclu avec les organisations syndicales responsables. Ce dispositif comprend la reconversion de certains ouvriers vers l’électrique, des mobilités vers les sites Stellantis de Valenciennes et d’Hordain, des départs en fin de carrière ainsi que des congés de mobilité vers d’autres employeurs.
Les critiques de la CGT
La CGT du groupe Stellantis a dénoncé « une délocalisation déguisée », sous couvert de la « transition énergétique ». Dans un communiqué, le syndicat affirme que « la fabrication des moteurs thermiques jusqu’alors assurée à Douvrin n’est pas stoppée, mais transférée vers d’autres usines, en France et ailleurs en Europe ». Pour la CGT, la fermeture du site est « un choix financier qui détruit des centaines d’emplois directs et indirects dans le Pas-de-Calais ».
De son côté, Stellantis assure avoir « tenu son engagement de recréer localement les emplois liés à l’activité » du site. L’usine comptait encore environ 1.500 salariés en 2021, et ACC emploie aujourd’hui « près de 2.000 salariés », selon le groupe.
Fondée en 1969 sous le nom de Française de Mécanique par Peugeot et Renault, l’usine a connu son apogée dans les années 1970 et 1980, avant un lent déclin. Renault s’est désengagé du site en 2013, qui s’appelait depuis 2021 Stellantis Douvrin.





