Technologie : les doutes sur l’IA provoquent une correction boursière
Les doutes sur la rentabilité des investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA) ont entraîné une correction boursière majeure, qui touche l’ensemble du secteur technologique. L’annonce de Meta, qui veut lancer une nouvelle levée de capital pour financer ses investissements, a nourri les interrogations des investisseurs sur la capacité des sociétés du secteur à dégager des profits.

Révélée le 22 octobre, cette décision a agi comme un catalyseur d’inquiétudes sur la solidité financière des géants technologiques engagés dans la course à l’IA, dirigée par Mark Zuckerberg pour Meta.
Un repli généralisé des indices et des valeurs technologiques
Le Nasdaq, riche en valeurs technologiques, a chuté lourdement (-2,60%), sa plus mauvaise journée depuis juin, alors que les investisseurs vendaient tout ce qui touche à l’IA. Le S&P 500 perdait 1,21%, tandis que le Dow Jones demeurait stable. Meta a particulièrement souffert : le titre a reculé de 7%, soit 124 milliards de dollars (110 milliards d’euros) de capitalisation effacés en une seule séance, malgré la publication de bons résultats.
Les autres hyperscalers, ces géants de la tech avides de capitaux pour construire les data centers et les infrastructures de l’IA, ont connu le même sort. Alphabet a perdu 3,15%, Amazon 4,47% et Microsoft 2,23%. Le titre de Nvidia, qui fabrique les puces nécessaires au fonctionnement de l’IA, a abandonné 4,40%. Les entreprises d’Elon Musk ont également été sanctionnées : SpaceX recule de 9,14% et Tesla de 3,08%. Selon le constat dressé, personne n’a été épargné.
Le mouvement a touché d’autres marchés. Les bons du Trésor américain, peu attractifs depuis la rentrée, ont soudain trouvé preneur, et le rendement des obligations à dix ans est redescendu à 5,07%. Les tensions au Moyen-Orient ont par ailleurs poussé le baril de brut à 113 dollars, son plus haut niveau depuis mai.
Des difficultés de CoreWeave aux ambitions des concurrents
Ce climat avait été précédé par les difficultés de CoreWeave, un acteur de l’économie du cloud et des data centers, qui avait déjà provoqué une vague de retrait. L’entreprise construit des centres de données optimisés pour l’IA, puis loue leur puissance informatique à des géants du numérique comme Meta ou Microsoft. Fin juin, elle rapportait devoir environ 35,6 milliards de dollars à ses créanciers, selon un document transmis au gendarme boursier américain, la SEC.
Si l’adoption de l’IA progresse à grande vitesse, les interrogations demeurent sur la capacité de ces entreprises à rentabiliser les investissements nécessaires. La course s’intensifie d’ailleurs sur plusieurs fronts. L’annonce de la levée de fonds de Meta entre en collision avec la future introduction en Bourse d’Anthropic et avec les ambitions de tous les autres concurrents. Meta est restée vague sur les montants, indiquant viser « plusieurs centaines de milliards de dollars ».





