Emmanuel Macron : il restreint les manifestations et renforce la sécurité après les violences du 17 octobre
Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 22 octobre, que seules les manifestations organisées par des syndicats seraient autorisées samedi 24 octobre. Les demandes formulées par des personnes qui n’ont, selon lui, « aucune légitimité pour cela » seront refusées. Cette décision intervient après les violences survenues lors de la journée du 17 octobre et alors que plusieurs appels à manifester circulent pour le samedi suivant, émanant de groupes informels comme les « gilets jaunes » et de syndicats historiques.

Un dispositif policier renforcé
Pour prévenir de nouveaux débordements, les effectifs des forces de l’ordre seront, samedi, 20 % supérieurs à ceux mobilisés le 17 octobre. Des « tracés alternatifs » seront proposés aux syndicats « pour protéger nos centres-villes, en particulier nos commerces et nos bâtiments publics ». Le président a insisté sur la recommandation générale : « C’est du simple bon sens, la recommandation générale, c’est pas de manifestation dans les jours à venir. » Il a ajouté : « Ce n’est pas le moment ; nous voulons un retour au calme », alors que la mobilisation lycéenne se poursuit depuis plus d’un mois.
Le chef de l’Etat a reconnu des « défauts d’anticipation et des effets de surprise » lors de la journée du 17 octobre. Selon le comptage de la Préfecture de police, « 10 000 personnes sont venues à Paris pour casser et piller ». Il a réclamé « la plus grande dureté » contre les « actes de délinquance » et contre les « actes politiques et même séditieux » émanant de groupes « d’ultragauche », qui « visent à faire tomber la République ».
Cette décision intervient alors que le budget pour l’année 2027 est en débat au Parlement et que la crise financière menace. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a affirmé : « Il n’est pas envisageable que ce qui s’est passé samedi puisse se reproduire. »
Emmanuel Macron doit présider, vendredi matin 23 octobre, un conseil de défense consacré à la journée du 24. Il recevra ensuite, en début d’après-midi, des lycéens et des représentants de leurs organisations pour « écouter leurs revendications et leurs inquiétudes », a annoncé l’Elysée jeudi soir. Le Premier ministre doit de son côté réunir lundi les organisations lycéennes et étudiantes, les enseignants, les syndicats, les organisations patronales, les collectivités territoriales et les parlementaires.
Des réactions politiques contrastées
L’allocution du président n’a pas convaincu tous les responsables politiques. Le candidat d’Horizons à l’élection présidentielle, Edouard Philippe, a exprimé sur X sa déception : « J’aurais préféré, comme des millions de Français, des décisions et des initiatives. (…) Notre pays a besoin de commandement. »
À droite, Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, et Hervé Marseille, président du groupe Union centriste au Sénat, ont demandé la mise en place de l’état d’urgence. Le Premier ministre ne l’a pas écartée, tout en soulignant qu’elle limiterait la campagne présidentielle sur le terrain et compromettrait le maintien du congrès du Rassemblement national (RN), prévu ce week-end à Orléans. Les représentants du RN, son vice-président Louis Aliot et la sénatrice de la Gironde Edwige Diaz, ont demandé des garanties sur la sécurité de ce congrès, qui marquera le lancement officiel de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.
Préparation des manifestations du week-end
Samedi, 20 000 à 30 000 manifestants doivent défiler à Orléans contre le racisme, dont « 2 000 à 3 000 éléments radicaux » selon le préfet du Loiret, Hugues Moutouh. Sébastien Lecornu a rassuré les représentants du RN sur le dispositif policier. « S’il y a de la casse, c’est M. Faure, Mme Tondelier et tous les autres qui en porteront la responsabilité », a prévenu Louis Aliot à la sortie.
Sébastien Lecornu a reçu en fin de journée, à leur demande, les maires de Paris, Lyon et Marseille. Le maire (PS) de la capitale, Emmanuel Grégoire, a jugé à l’issue de cette réunion que le « cadre de travail » avec le gouvernement était « plus satisfaisant » avant la manifestation de samedi. Benoît Payan, maire (divers gauche) de Marseille, a assuré que le Premier ministre était « conscient » de la situation.
Il a par ailleurs été précisé qu’il n’y avait pas eu d’ingérences étrangères dans la conduite du mouvement des lycéens, mais que celles-ci avaient eu lieu « en écho », avec des images reprises et détournées des manifestations.





