Apple : après un trimestre record, le groupe anticipe un ralentissement et une marge rognée en fin d’année
Apple anticipe un ralentissement de sa croissance pour la période des fêtes, entre 7 et 10 %, ainsi qu’un recul de sa marge brute, malgré un trimestre de juillet-septembre record porté par l’iPhone. Après l’annonce de ces prévisions, le titre perdait plus de 3 % vers 23H00 GMT dans les échanges électroniques, après la clôture de Wall Street.

Le groupe, dont les ventes avaient progressé de 16 % au printemps puis de 12 % cet été, attend malgré tout son meilleur trimestre de l’histoire, a indiqué le directeur financier Kevan Parekh. Cet objectif « reflète notre meilleure estimation compte tenu d’un approvisionnement contraint », a-t-il précisé.
Une marge sous pression
Apple s’attend à une marge brute de 45 à 46 %, contre 48,2 % un an plus tôt. Ce recul résulterait principalement du coût de la mémoire et, dans une moindre mesure, du déploiement de son nouvel assistant Siri AI, bâti sur des modèles dérivés de Gemini, de Google, et dont Apple rationne déjà les fonctions les plus avancées. Les requêtes traitées sur ses serveurs, et non sur les appareils, engendrent des coûts de calcul, a expliqué Kevan Parekh.
Apple compte aussi faire payer l’intelligence artificielle. L’usage des fonctions de Siri AI reposant sur ses serveurs sera plafonné, et un accès élargi sera proposé contre paiement, a confirmé le patron John Ternus, qui présentait ses premiers résultats depuis qu’il a repris les rênes du groupe à Tim Cook. Comme l’ensemble du secteur, Apple subit une pénurie mondiale de puces mémoire, accaparées par la construction de centres de données d’intelligence artificielle.
Le groupe a relevé fin juin de 30 à 300 dollars les prix de ses Mac, iPad et accessoires, puis de 100 dollars ceux de ses nouveaux iPhone 18 Pro, lancés le 18 septembre. John Ternus a prévenu que la pression se prolongerait : « Au-delà du trimestre de décembre, nous voyons le prix de nos achats de mémoire continuer d’augmenter », tandis que l’effet des stocks constitués à l’avance s’estomperait.
Des services qui ralentissent
Les services, deuxième moteur du groupe, progressent eux aussi moins vite. Ils affichent +10 % sur le dernier trimestre, contre +12 % au printemps, et Apple n’en attend que 8 à 9 % pour les fêtes. Kevan Parekh attribue ce ralentissement surtout à l’effet des taux de change, mais aussi au recul des jeux sur mobile, à des changements apportés à l’App Store dans certains pays et à une décision de justice aux États-Unis.
Le chiffre d’affaires du trimestre a progressé de 12 % sur un an, à un nouveau record de 114,5 milliards de dollars, porté par l’iPhone (+17 %, à 57,6 milliards). Le bénéfice net atteint 30,7 milliards de dollars (+12 %).
Pénurie et investissements mesurés
Selon le cabinet Counterpoint, les prix de détail des smartphones ont bondi de 20 % en 2026 dans le monde, et leurs livraisons ont chuté d’autant cet automne. Le cabinet attribue toutefois à Apple une part de marché inédite de 22 % pour cette période. Le trimestre publié n’intègre que neuf jours de ventes des iPhone 18 Pro, et aucun de l’iPhone Duo, premier smartphone pliable du groupe, vendu depuis le 23 octobre à partir de 1.999 dollars. John Ternus le présente comme « l’iPhone le plus transformateur depuis l’original ».
Selon le directeur des opérations Sabih Khan, la production reste insuffisante, sans perspective d’équilibre avec la demande à ce stade. Apple a reconnu fin octobre un problème d’écran sur certains appareils, qu’il propose de remplacer.
Apple se distingue par la modestie de ses investissements, d’environ 2,2 milliards de dollars sur le trimestre selon un calcul de l’AFP, quand Alphabet en a dépensé 51,4 milliards et Microsoft 45,2 milliards, essentiellement pour leurs centres de données d’IA. Sur l’ensemble de son exercice clos fin septembre, le groupe revendique un chiffre d’affaires record de 478,8 milliards de dollars, en hausse de 15 %, et un bénéfice net de 132,2 milliards (+18 %). L’iPhone pèse plus de la moitié de ses ventes (53 %, contre 50 % un an plus tôt), devant les services (26 %) et le Mac (8 %).





