La CGT appelle « la mort dans l’âme » à rejoindre le seul cortège parisien autorisé
Le Conseil d’État a invalidé samedi le parcours de la manifestation du 31 octobre à Paris, qui devait initialement relier la place de la Bastille à la place de la Nation. La CGT appelle les manifestants parisiens à rejoindre le seul cortège autorisé, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton.

Le tribunal administratif de Paris avait autorisé le parcours dans le centre de la capitale, proposé par les organisateurs de la principale manifestation de la journée. La préfecture de police avait pour sa part interdit ce tracé. Dans une ordonnance, le Conseil d’État a annulé samedi la décision du tribunal administratif. Le parcours validé pour cette journée est donc celui proposé par la préfecture, en périphérie de la capitale.
Pour la CGT, la décision s’impose à ses militants. Karl Ghazi, co-secrétaire général de l’UD CGT Paris, a déclaré : « On n’appelle jamais à aller sur des parcours interdits. Donc, contraints, forcés et la mort dans l’âme, nous appelons à rejoindre l’itinéraire autorisé. »
Des risques d’exactions au cœur de la décision
Dans sa décision, le Conseil d’État estime que « l’interdiction de cet itinéraire et la proposition d’un itinéraire alternatif » sont nécessaires. Selon la juridiction, ce dispositif permet de préserver la liberté de manifester et la visibilité des revendications sur un parcours sécurisé jusqu’à sa dispersion. Il doit également, grâce à une meilleure allocation des forces de sécurité, limiter les risques d’exactions en marge du rassemblement. Le Conseil d’État juge cette mesure « ni inadaptée ni disproportionnée ».
De son côté, l’entourage du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a averti que « des épisodes de violences urbaines comparables à ceux du 17 octobre sont anticipés tout au long de la journée » de samedi, et « à partir de la tombée de la nuit ».
La réaction des étudiants
La Fage, fédération des associations générales étudiantes en France, a dénoncé dans une réaction transmise à l’AFP « une nouvelle entrave au droit de manifester » après l’interdiction du parcours parisien initial. Le syndicat étudiant y voit « une grave remise en cause de notre droit à exprimer nos revendications » et, plus largement, « une mise en danger volontaire des cortèges ».





