Entreprises françaises : pourquoi l’audace d’innover devient essentielle pour perdurer
Dans une tribune, Zahir Abdelouhab, SVP EMEA chez Navan, soutient que le principal risque pour les entreprises françaises serait de ne rien changer. Selon lui, l’innovation permet de libérer du temps, de financer des ambitions et de retrouver un avantage compétitif, alors que le pays semble décrocher.

Le point de départ de la tribune est le Salon de l’Auto, dont l’ouverture coïncidait avec la semaine de rédaction du texte. L’auteur y voit le signe d’une industrie automobile européenne désormais dépassée par une Chine longtemps perçue comme un acteur de la sous-traitance. Pour lui, cette situation s’inscrit dans un décrochage plus large de l’économie française.
Il rappelle que, selon l’Insee, le PIB est resté stable au deuxième trimestre 2026. L’auteur juge ce décrochage durable et estime qu’un ressaisissement collectif s’impose. Il considère que l’intelligence artificielle, qui transforme les métiers et les organisations, offre aux entreprises de nombreux atouts pour gagner en efficacité et financer leurs ambitions. Un frein revient pourtant souvent : la question « Qui l’a déjà fait ? ». Certaines entreprises préfèrent attendre qu’un pair ou un concurrent adopte un changement, une prudence qui peut coûter cher, comme le montre, selon lui, l’exemple des constructeurs chinois ayant pris une longueur d’avance.
Accepter l’échec pour mieux apprendre
L’auteur cite un principe découvert dans la Silicon Valley : « Échouer vite, apprendre plus vite et déployer ce qui fonctionne ». Accepter de se tromper rapidement permet, selon lui, d’apprendre davantage et de généraliser les solutions efficaces. L’échec n’est pas l’ennemi de l’innovation, mais souvent son point de départ. À force de vouloir anticiper chaque risque, les entreprises freinent parfois leur propre transformation. Le véritable risque, écrit-il, n’est pas de se tromper, mais de changer trop tard, ou de ne jamais essayer.
Il oppose cette démarche à l’approche anglo-saxonne, qui fait du changement un levier de compétitivité. Il évoque ainsi un client britannique qui avait exigé douze mois d’exclusivité sur son marché pour déployer une technologie émergente. Son pari était de prendre une longueur d’avance décisive en transformant radicalement l’exploitation de ses données et le service rendu.
Le coût de l’attentisme
L’auteur prend l’exemple de la gestion des voyages professionnels, un domaine où, dit-il, des solutions technologiques avancées peuvent améliorer la performance. Chez Navan, l’entreprise qu’il représente, la simplification de ces déplacements permet, selon lui, de libérer du temps et des ressources financières. Pour de grands groupes dont les programmes de voyages représentent parfois des centaines de millions d’euros, une optimisation de quelques points peut dégager des moyens susceptibles d’être réinvestis dans l’innovation, la recherche ou le développement de nouvelles activités.
Il pointe aussi les coûts invisibles de l’immobilisme : le temps passé à reprogrammer un vol annulé, à rassembler des justificatifs ou à saisir des notes de frais. Selon l’auteur, optimiser la gestion des voyages professionnels peut permettre de réaliser 10 à 20 % d’économies sur les budgets concernés. La question, conclut-il en substance, n’est plus seulement de savoir combien coûte le changement, mais combien coûte le fait de ne pas changer.
Le changement produit également, selon lui, un « dividende humain » : moins de temps perdu dans les démarches administratives, moins de stress face aux imprévus et davantage de disponibilité pour les clients et les projets. Ce temps permet aux équipes de mobiliser leurs compétences et de prendre des initiatives, ce qui peut, pour certaines entreprises, faire la différence sur leur pérennité.
Pour l’auteur, la France qui a développé le TGV et vu naître le Concorde possède encore, selon ses termes, tous les atouts pour porter de nouvelles ambitions.





