Artisanat de France
  • Achats
    • Fournitures
  • Aménagement
    • Mobilier
    • Sécurité
  • Commercial
  • Informatique
  • Communication
    • Evenementiel
  • Gestion
    • Juridique
    • Administratif
  • Ressources Humaines
    • Formation
  • Services

Artisanat de France / Gestion / Juridique / Meta est rattrapé par son passé et par les procès

Meta est rattrapé par son passé et par les procès

  • La rédaction
  • 28 Oct 2026
  • Juridique

Meta, la maison mère de Facebook et d’Instagram, a été condamnée par la justice du Nouveau-Mexique à verser 25 milliards de dollars de pénalités dans l’affaire Cambridge Analytica. Cette décision, dix ans après les faits, s’inscrit dans une série de procès engagés contre le groupe de Mark Zuckerberg aux États-Unis.

Meta est rattrapé par son passé et par les procès



L’affaire remonte à la campagne présidentielle américaine de 2016, remportée par Donald Trump face à Hillary Clinton. Le cabinet de conseil politique britannique Cambridge Analytica avait utilisé une application de quiz de personnalité, créée par le chercheur Aleksandr Kogan, pour obtenir les données personnelles de millions d’utilisateurs de Facebook, sans leur consentement. La campagne de Donald Trump aurait ensuite exploité ces données pour cibler les « swing voters », ces électeurs susceptibles de basculer d’un camp à l’autre. Cambridge Analytica comptait notamment parmi ses conseillers Steve Bannon, alors éminence grise du candidat républicain.

Révélé en 2018 par plusieurs médias, le scandale a mis en lumière les pratiques des réseaux sociaux en matière de données personnelles, ainsi que leur influence possible sur la démocratie. Il avait conduit à plusieurs auditions des dirigeants des réseaux sociaux devant le Congrès américain.

Meta acculé en justice

Les conséquences concrètes sont toutefois venues plus tard. Le tribunal du Nouveau-Mexique a estimé que Meta avait menti à ses utilisateurs sur l’usage de leurs données, y compris après la révélation de l’affaire en 2018. Le groupe a notamment enfreint les lois de protection des consommateurs de cet État, qui figurent parmi les plus strictes des États-Unis. Meta a annoncé son intention de faire appel.

Cette condamnation s’ajoute à plusieurs autres décisions défavorables. Un tribunal de Los Angeles a exigé en mars que Meta et YouTube versent 6 millions de dollars de dommages et intérêts à une jeune femme ayant souffert de troubles psychiques, qu’elle attribue au design conçu pour être addictif d’Instagram, de Facebook et de YouTube. En août, un autre tribunal du Nouveau-Mexique a condamné Meta à verser 942 millions de dollars pour avoir nui aux jeunes utilisateurs avec des fonctionnalités addictives. Le 26 août, les procureurs généraux de 48 États ont enfin conclu un accord avec l’entreprise, qui s’est engagée à payer jusqu’à 17,1 milliards de dollars, toujours en compensation de l’effet addictif de ses plateformes sur les plus jeunes. Certains observateurs comparent la situation actuelle de Meta à celle des géants du tabac dans les années 1990, lorsqu’ils avaient perdu une série de procès.

La lenteur de la justice en question

Plusieurs milliers de procès ont été ouverts aux États-Unis ces dernières années contre Meta, Google, Apple, Amazon et TikTok. En l’absence de régulation fédérale comparable au RGPD, les républicains s’opposant à une mesure jugée trop contraignante pour les entreprises, ce sont les tribunaux qui ont pris le relais pour protéger la vie privée des utilisateurs des plateformes numériques.

Le délai de dix ans entre les faits et l’amende illustre cependant la principale limite de cette voie : les grandes affaires prennent du temps et les entreprises sont sanctionnées longtemps après avoir causé un préjudice. Alors que les risques liés à l’intelligence artificielle sont de plus en plus mis en avant, y compris par les acteurs de ce secteur, la question devient plus pressante. Selon la même analyse, OpenAI commence à son tour à faire l’objet de multiples procès, dans une dynamique qui rappelle celle de Meta.

Un procès politique, selon le Wall Street Journal

Après le verdict du Nouveau-Mexique, le Wall Street Journal a dénoncé un procès à caractère politique. L’État reproche aussi à Meta de ne pas avoir suffisamment modéré certains contenus, majoritairement de droite. Selon le quotidien, le procureur général Raúl Torrez « s’est servi de cette faille de confidentialité comme point d’appui pour une offensive judiciaire plus large contre Meta », à qui il reproche de ne pas lutter assez contre les « discours de haine » et la « désinformation ». Le procureur affirme que Meta a trompé ses utilisateurs sur sa volonté de supprimer les contenus problématiques, de la même manière qu’elle les aurait induits en erreur sur ses paramètres de confidentialité.

La question de la censure sur les réseaux sociaux, que la droite américaine a longtemps accusée de la viser principalement, avait été reléguée au second plan depuis la réélection de Donald Trump. Elle pourrait revenir au premier plan si les démocrates remportaient le Congrès lors des élections de mi-mandat.


Suivez-nous sur Google News

  • Meta : le groupe écope d’une amende de 25 milliards de dollars
  • Meta : une levée de fonds massive se prépare pour suivre OpenAI et Anthropic dans l’IA
  • Technologie : les doutes sur l’IA provoquent une correction boursière
  • IA : assiste-t-on vraiment aux prémices d’un krach ?
← Article précédent Article suivant →
  • Réseau à grande vitesse espagnol : erreur humaine ou fragilité du réseau, que se passe-t-il après un accident grave en janvier ?
  • Selon la Cour des comptes, 1 % des projets captent 49 % des fonds
  • La confiance des ménages français tombe à son plus bas niveau depuis 2013
  • Manifestations : plus de 2 500 commerces en France subissent de lourdes pertes
  • Confiance des ménages : les Français sont déprimés, au plus bas depuis treize ans
Partenaires
  • Actualités Business
  • Rachat de crédit

© 2026 Artisanat2France