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Métiers 2027-2030 : ceux qui vont recruter et ceux qu’il faut préserver absolument

  • La rédaction
  • 4 Nov 2026
  • Gestion

Santé, ingénierie, bâtiment, numérique et intelligence artificielle : ces domaines sont au cœur de la question des recrutements entre 2027 et 2030. Mais le véritable défi sera aussi de fidéliser les professionnels indispensables au fonctionnement du pays.

Métiers 2027-2030 : ceux qui vont recruter et ceux qu’il faut préserver absolument



Le marché du travail aime les nouveautés. Après l’apprentissage du code, c’est désormais l’intelligence artificielle qui retient l’attention. Pendant ce temps, les hôpitaux cherchent des soignants, les entreprises du bâtiment recrutent des techniciens et les écoles ont toujours besoin d’enseignants.

Quels métiers recruteront le plus d’ici 2030 ?

Dans leur rapport Les métiers en 2030, publié en 2022, France Stratégie et la Dares estimaient qu’environ 760 000 postes seraient à pourvoir chaque année entre 2019 et 2030, dans leur scénario de référence. Près de 90 % de ces besoins seraient liés aux départs en fin de carrière, et non à la création d’emplois.

Une grande partie du recrutement consistera donc à remplacer des professionnels qui connaissent déjà leur métier. Parmi les domaines concernés figurent la santé, l’aide à domicile, l’informatique, l’industrie, la maintenance et le bâtiment.

Le vieillissement de la population devrait continuer à soutenir les besoins en infirmiers, aides-soignants et professionnels de l’accompagnement. La rénovation énergétique et la modernisation des infrastructures pourraient, de leur côté, entretenir la demande d’électriciens, de techniciens et d’ingénieurs qualifiés. Ces projections restent toutefois soumises aux évolutions économiques et aux politiques publiques.

L’intelligence artificielle va-t-elle vraiment bouleverser l’emploi ?

Une étude menée par Antonin Bergeaud, professeur associé à HEC Paris, et des chercheurs de la Banque de France, publiée en octobre 2026, apporte un éclairage sur la question. Entre novembre 2022 et mars 2026, les embauches en CDI des 21-29 ans ont diminué de 28,3 % dans les professions les plus exposées à l’intelligence artificielle générative, contre 7,5 % dans les métiers les moins exposés.

Les chercheurs soulignent toutefois que d’autres facteurs économiques peuvent intervenir, et il serait excessif d’attribuer directement cet écart à l’IA. Le risque porte alors moins sur la disparition de certaines tâches que sur la fragilisation des parcours d’apprentissage : si les entreprises recrutent moins de débutants, comment formeront-elles les experts dont elles auront besoin dans dix ans ?

David Autor, économiste au Massachusetts Institute of Technology (MIT), défend une autre perspective. Correctement utilisée, l’intelligence artificielle pourrait élargir l’accès à certaines compétences complexes et renforcer la valeur de l’expertise humaine.

Fidéliser, le véritable défi de 2030

Les entreprises cherchent des candidats, mais les salariés cherchent aussi de bonnes raisons de rester. Rémunération insuffisante, horaires difficiles, manque de reconnaissance ou perspectives d’évolution limitées : les causes varient selon les secteurs. Former un technicien pendant plusieurs années pour le voir quitter son métier faute de perspectives n’est pas un modèle de gestion des talents particulièrement efficace.

La fidélisation devrait donc devenir aussi importante que le recrutement. Elle implique des salaires cohérents avec les responsabilités, des formations continues accessibles, de meilleures conditions de travail et des possibilités réelles d’évolution.

Entre 2027 et 2030, les entreprises auront besoin de compétences nouvelles, notamment dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les données et les technologies industrielles. Elles devront aussi conserver les médecins, infirmiers, enseignants, techniciens de maintenance, électriciens, ingénieurs et ouvriers qualifiés qui assurent les services essentiels, et cela restera probablement l’un des défis les plus importants du marché du travail jusqu’en 2030.


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