Or : « tout le monde en parle », entre inflation et envolée des cours, les clients affluent aux boutiques d’achat-vente
Les comptoirs spécialisés dans l’achat et la vente d’or enregistrent une forte hausse de leur fréquentation, portée par la progression du cours du métal ces derniers mois. Particuliers qui revendent de vieux bijoux et investisseurs, parfois plus jeunes, se pressent désormais dans ces boutiques.
Un mercredi après-midi de novembre, Francine a poussé la porte de l’agence Godot & Fils, dans le centre-ville de Rennes, avec ses bijoux cassés et ses vieilles montres rangés dans un simple sac plastique. Issue d’une famille de bijoutiers, cette retraitée conservait depuis plusieurs années ces « déchets » de l’atelier paternel. « En voyant le cours de l’or s’envoler ces derniers mois, je me suis dit que c’était risqué de garder ça chez moi et qu’il valait mieux récupérer des liquidités », explique-t-elle. Elle garde toutefois encore quelques pièces en or : « Je les garde pour ma succession. »
Le métal a connu une forte hausse depuis l’an dernier, dans un contexte géopolitique et économique instable. Son cours a atteint un pic à 140.000 euros le kilo début 2026, soit trois fois plus qu’il y a dix ans. Il s’est ensuite stabilisé autour de 115.000 euros le kilo, « ce qui reste très élevé », souligne Alexis Monceaux, directeur général de Godot & Fils.
Un moyen de boucler les fins de mois
Dans le réseau Comptoir national de l’or, la fréquentation a progressé de l’ordre de 25 % par rapport à l’an dernier, indique Feriel Belhassen, responsable formation et intégration. Leader français du secteur, l’enseigne compte actuellement 110 agences et vise 200 points de vente à court terme. Si elle était jusqu’ici implantée dans les grandes villes, elle ouvre désormais des boutiques dans des villes moyennes.
À Rennes, Elodie Bourhis, responsable de l’agence Godot & Fils, constate elle aussi une affluence accrue, avec des profils de clients très variés. Beaucoup de seniors viennent revendre leurs bijoux et veulent, selon elle, éviter les cambriolages. Dans un contexte d’inflation toujours élevée, elle voit également de plus en plus de clients se séparer d’objets de famille pour finir le mois. « C’est pour certains un sacrifice, mais cela permet de faire face à la baisse du pouvoir d’achat », affirme Feriel Belhassen, qui anticipe une affluence encore plus forte dans les prochaines semaines, avec les fêtes de fin d’année et les achats de Noël.
Une valeur refuge pour une nouvelle génération
Parmi les acheteurs, de nouveaux profils, plus jeunes, s’intéressent à l’or comme placement. Certains se tournent aussi vers les cryptomonnaies comme le Bitcoin, mais l’or a, selon Alexis Monceaux, « l’avantage d’être moins volatil et qui a un côté rassurant car il est physique avec moins de risque de piratage ». Feriel Belhassen constate un rajeunissement des investisseurs, qui préfèrent miser sur ce métal « plutôt que l’immobilier ou les placements bancaires classiques ».
Le réseau Godot & Fils, qui ne comptait que quatre agences il y a dix ans, en dénombre aujourd’hui plus de 120. Une vingtaine d’ouvertures sont prévues l’an prochain.






