Moscou annonce que trois pétroliers chargés de diesel russe font route vers les États-Unis, et qu’un quatrième doit partir mercredi
Trois pétroliers transportant du diesel russe font route vers les États-Unis, a annoncé Moscou, malgré les protestations de parlementaires américains et de responsables européens. Cette livraison découle d’un accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui a suscité un vif rejet en Ukraine et en Europe.

Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a déclaré aux journalistes que « actuellement, trois pétroliers » transportant du carburant russe se dirigeaient vers les États-Unis. Selon lui, un quatrième navire doit prendre la mer.
L’accord entre les deux dirigeants vise à assouplir les sanctions contre Moscou en échange de la mise sur le marché mondial de diesel russe. Selon la présentation qui en a été faite, cette mesure doit faire baisser les prix des carburants pour les consommateurs américains avant les élections législatives de mi-mandat du 3 novembre. Elle a néanmoins été vivement critiquée par l’Ukraine et ses alliés.
Un premier chargement déjà en mer
Le premier pétrolier chargé de diesel russe à destination des États-Unis a quitté la Russie la semaine dernière. Selon Kpler, société spécialisée dans le suivi du trafic maritime, il a chargé près de 300.000 barils de diesel au terminal de Primorsk et se dirigeait vers New York.
Ces développements interviennent alors que les relations entre Kiev et Washington se sont détériorées depuis la conclusion de l’accord russo-américain sur le diesel.
Des importations jugées illégales par des élus américains
Un groupe de parlementaires américains a par ailleurs mis en garde plusieurs entreprises contre l’importation de diesel russe aux États-Unis, qu’ils jugent illégale. Six sénateurs, dont le républicain Thom Tillis, ainsi qu’un député démocrate, ont adressé leur avertissement dans des lettres aux dirigeants de grandes banques américaines, parmi lesquelles JPMorgan Chase et Bank of America. Les autorités de trois ports du Texas et de celui de New York/New Jersey ont également reçu ces courriers.
Dans ces lettres, les élus estiment que « accorder à Moscou la capacité de vendre librement du diesel russe sur les marchés mondiaux nuit aux intérêts de sécurité de l’Amérique et est une trahison du peuple d’Ukraine, qui se défend contre la guerre illégale et meurtrière de la Russie ».
Selon ces élus, la législation américaine en vigueur interdit ce type d’importation tant que le président n’a pas certifié devant le Congrès que « la Russie a cessé ses hostilités militaires en Ukraine, que la Russie ne pose aucune menace militaire immédiate aux membres de l’Otan, et que la Russie reconnaît le droit aux Ukrainiens de choisir leur gouvernement ».





