BHV : l’intersyndicale demande le départ des patrons actuels
Le BHV Marais a demandé son placement en redressement judiciaire, une décision que l’intersyndicale du grand magasin parisien juge tardive. Mercredi, les représentants du personnel ont estimé que les dirigeants actuels ont « manifestement failli » et ont demandé à la justice d’ouvrir « urgemment » une telle procédure.

La direction explique la démarche par la volonté de « préserver l’activité et l’emploi » et de « sécuriser son plan de relance ». Le magasin affirmait pourtant encore récemment ne pas être en cessation de paiement. Il a déposé son dossier auprès de la justice lyonnaise.
Des accusations contre la direction
Dans un communiqué, l’intersyndicale dénonce « l’absence de stratégie et de moyens réels pour redresser l’enseigne » ainsi que « l’opacité sur les flux financiers ». Elle juge que la poursuite avec l’équipe en place est « voué à l’échec ». Selon elle, seul « un projet de reprise solide et bien financé » permettrait de maintenir l’activité et de sauvegarder une partie des emplois.
La procédure réclamée permettrait d’ouvrir une période d’observation de six mois, renouvelable une fois pour six mois. À l’issue de cette phase, un plan de continuation d’activité pourrait être présenté au tribunal.
Le propriétaire des murs, le fonds canadien Brookfield, dément de son côté devoir une quelconque somme au BHV à ce jour. Il réfute être responsable du placement en redressement judiciaire du magasin.
Débat sur la juridiction compétente
Face à « l’urgence de la situation », l’intersyndicale s’étonne que la demande ait été formulée à Lyon, alors que le siège social du BHV Marais a été transféré à Paris en février. Une audience est par ailleurs déjà prévue devant le tribunal des affaires économiques (TAE) de Paris.
Interrogée par l’AFP, une porte-parole du BHV Marais explique qu’une procédure d’assignation de créancier ouverte « il y a plusieurs mois » pourrait rendre le TAE de Lyon territorialement compétent. « Des échanges sont en cours entre les conseils du BHV et les deux TAE pour identifier la juridiction compétente. On ira à Lyon ou à Paris selon l’issue de ces discussions », a-t-elle déclaré, précisant que cela ne faisait « aucune différence ».
Les représentants du personnel jugent par ailleurs que la revente à perte réalisée en juin par la SGM de Frédéric Merlin à certains de ses dirigeants n’était qu' »un tour de passe-passe ». Ils avaient appelé à la grève en septembre.





