BHV : le tribunal des affaires économiques de Paris examine sa situation
Le grand magasin parisien BHV Marais a demandé mardi son placement en redressement judiciaire, à la justice lyonnaise. Sa situation financière doit être examinée vendredi par le tribunal des affaires économiques (TAE) de Paris.

Le SEGM BHV, qui regroupe notamment le Bazar de l’Hôtel de Ville, institution du cœur de Paris depuis 170 ans, et le BHV Parly 2, au sein du centre commercial des Yvelines, affirmait encore récemment ne pas être en cessation de paiement. Mardi, la direction a admis être en faillite et a annoncé avoir demandé son placement en redressement judiciaire, afin de « préserver l’activité et l’emploi » et de « sécuriser son plan de relance ».
L’enseigne emploie 700 personnes, selon des données de septembre. Réclamée « urgemment » par les représentants du personnel, cette procédure permettrait d’ouvrir une période d’observation de six mois, renouvelable six mois. À l’issue de cette période, un plan de continuation d’activité du groupe peut être présenté au tribunal.
Une juridiction lyonnaise retenue malgré le siège parisien
Le choix du TAE de Lyon surprend, puisque le siège social du groupe a été transféré de Lyon vers la capitale en février. Selon une porte-parole du BHV, ce choix découle d’une procédure d’assignation de créancier ouverte « il y a plusieurs mois » dans cette juridiction. « Des échanges sont en cours entre les conseils du BHV et les deux TAE pour identifier la juridiction compétente. On ira à Lyon ou à Paris selon l’issue de ces discussions », a-t-elle expliqué.
Parallèlement, l’audience de vendredi devant le TAE de Paris examinera notamment, selon une source syndicale, un signalement de l’inspection du travail. Cet été, celle-ci soupçonnait déjà le BHV Marais d’être en cessation de paiement. Le maire de Paris Centre, Ariel Weil, a de son côté dénoncé, dans un signalement envoyé au parquet que l’AFP a consulté, « une série de manquements en matière de sécurité du bâtiment » et « l’absence de paiement des cotisations sociales ». Cette information confirme un article du Parisien.
Un plan de relance freiné par la trésorerie
Le grand magasin a été revendu à perte en juin par la SGM de Frédéric Merlin à certains de ses dirigeants. Il traverse depuis plusieurs mois de nombreuses turbulences. Pendant l’été, la direction du BHV Marais avait dévoilé un plan de relance censé remettre l’enseigne à flot, mais celui-ci s’est heurté à un manque de trésorerie. Selon la direction, ce manque s’explique notamment par un différend avec le fonds canadien Brookfield, propriétaire des murs, qui conteste fermement cette version.
Dans un communiqué publié mercredi, les représentants du personnel ont jugé que « continuer avec les dirigeants actuels est voué à l’échec ». Selon eux, « seul un projet de reprise solide et bien financé permettrait de maintenir l’activité et sauvegarder une partie des emplois ».





