GiFi : l’enseigne est placée en redressement judiciaire après un fiasco informatique et la concurrence d’Action
Le tribunal de commerce de Toulouse a confirmé le placement de l’enseigne GiFi en redressement judiciaire. Il ouvre une période d’observation de six mois, pour déterminer « si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité ».

Le groupe emploie 6.000 employés en France et exploite 500 magasins dans le pays. Fondée en 1981 par Philippe Ginestet, l’enseigne, basée à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), reste détenue à 60 % par son fondateur, les 40 % restants étant détenus par les banques créancières.
Le tribunal a fixé une nouvelle audience au 8 janvier. Elle doit permettre de vérifier à la fois les capacités financières de l’entreprise et le maintien de la période d’observation.
Un marché « dégradé »
L’enseigne avait sollicité son placement en redressement judiciaire le 20 octobre. Son nouveau président du directoire, Patrick Puy, dont la nomination avait été annoncée mi-octobre, avait indiqué vouloir « protéger un maximum de salariés ». Dans une lettre consultée par l’AFP, il avait écrit aux salariés : « Comme vous le savez, le marché s’est nettement dégradé au cours de l’été et GiFi n’a pas été épargnée. »
Il avait ajouté que la direction avait décidé de « solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal compétent » pour « protéger l’entreprise et poursuivre son activité ». Patrick Puy a assuré que cette procédure n’entraînerait « par elle-même aucune conséquence immédiate sur l’emploi et aucun nouveau PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) ».
Une spirale engagée en 2023
Il s’agit de la troisième procédure en deux ans pour l’enseigne. Les difficultés ont commencé avec un changement de système informatique raté en 2023, auquel s’est ajoutée la concurrence d’autres magasins, comme Action ou Maxibazar, ainsi que de plateformes internet comme Temu.
Malgré plusieurs tentatives de redressement, l’enseigne n’est jamais parvenue à sortir de cette spirale. En 2025, elle avait envisagé de réduire de 5 % ses effectifs, avant d’interrompre ce plan social. Elle s’est depuis rapprochée du distributeur alimentaire Grand Frais pour lui céder une trentaine de magasins, sur les plus de 500 qu’elle compte.





