Conflits commerciaux : les entreprises relocalisent leur R&D
Alors que certaines entreprises françaises réduisent leurs dépenses de R&D dans le pays, la tendance mondiale va vers une relocalisation de la recherche dans le pays d’origine. C’est le principal enseignement du 8e baromètre international de l’innovation, réalisé par le cabinet Ayming et dévoilé en exclusivité par La Tribune.
- Les entreprises relocalisent leur R&D en réponse aux tensions commerciales.
- Le financement de l'innovation devient plus national et moins international.
- La recherche se concentre sur des résultats rapides à cause de la concurrence.

Selon cette étude, menée auprès de 850 dirigeants dans 17 pays, 73 % d’entre eux déclarent mener des activités de R&D dans leur pays, contre 50 % en 2025. Pour Laurie Pilo, directrice direct funding global practice chez Ayming, « les tensions commerciales contribuent à cette relocalisation des activités de recherche et développement ». Elle nuance toutefois : « Néanmoins, cela ne signifie pas que les entreprises ne collaborent plus sur ce point, mais elles se protègent davantage ».
Un financement plus national
Ce repli s’observe aussi dans le mode de financement des projets d’innovation. Parmi les entreprises interrogées, 72 % recourent à des subventions nationales, contre 68 % l’année précédente. Le recours aux soutiens financiers internationaux recule nettement, passant de 44 % à 31 %.
Des résultats attendus à court terme
Dans un contexte de concurrence accrue, la R&D exploratoire semble céder la place à une recherche orientée vers des résultats rapides. Le « focus sur le court terme et pression pour obtenir des résultats immédiats » figure en tête des freins internes, cité par 40 % des dirigeants sondés. Les dirigeants guidés par une stratégie d’innovation de court terme représentent 44 % du panel, une proportion en hausse par rapport à 2025.





