Micro-entrepreneurs : 653 000 créations en neuf mois, qui accompagne la cohorte record de 2026 ?
Jamais autant de Français n’ont créé leur entreprise, selon l’Insee, qui a publié le 16 octobre un chiffre inédit : 119 307 créations en septembre 2026, le plus haut niveau jamais mesuré depuis le début de la série statistique, en janvier 2000. Cette dynamique repose en grande partie sur les micro-entrepreneurs, qui démarrent dans un cadre réglementaire en pleine évolution.

Ce record intervient pourtant dans une conjoncture peu favorable, avec un taux de chômage de 8,3 % au deuxième trimestre, son plus haut niveau depuis 2020.
Un record porté par le micro-entrepreneuriat
Depuis janvier, 971 803 entreprises ont été créées en France, contre 859 047 sur la même période de 2025. Les micro-entrepreneurs en représentent à eux seuls deux sur trois, avec 653 316 immatriculations en neuf mois, contre 560 280 un an plus tôt, soit près de 17 % de plus. Ce total équivaut déjà à 86 % des 758 554 immatriculations enregistrées sur l’ensemble de l’année 2025.
Une immatriculation ne se traduit pas toujours par une activité réelle, rappelle l’Insee dans ses travaux sur la pérennité des entreprises.
Une cohorte qui démarre dans un cadre en mouvement
Plusieurs règles ont changé, ou vont changer, pendant les premiers mois d’activité de ceux qui se sont lancés en 2026. L’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (Acre) est la première concernée : pour les micro-entreprises créées ou reprises à compter du 1er juillet 2026, l’exonération de cotisations sociales est passée de 50 % à 25 %, en application d’un décret du 6 février 2026. Elle suppose une demande auprès de l’Urssaf, dans un délai de 60 jours après le début de l’activité.
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA, y compris les micro-entrepreneurs en franchise, doivent pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L’obligation d’émettre ces factures suivra en septembre 2027. Un amendement au budget 2027, adopté en première lecture le 3 novembre, propose d’exempter les micro-entreprises de ces obligations, mais il n’a pas valeur de loi à ce stade.
Au 1er janvier 2027, les plateformes numériques calculeront, prélèveront et reverseront elles-mêmes les cotisations sociales des micro-entrepreneurs qui exercent par leur intermédiaire, à l’Urssaf, sans changement des taux. Ce dispositif de simplification est déjà expérimenté par des plateformes volontaires.
Les plafonds de chiffre d’affaires du régime restent stables : 83 600 euros pour les prestations de services et les professions libérales, 203 100 euros pour la vente de marchandises, valables pour les années 2026,2027 et 2028. Les textes budgétaires déposés à l’Assemblée début octobre ne contenaient aucune mesure visant le régime micro, même si le débat parlementaire se poursuit.
Les premiers mois au cœur du suivi
Chacune de ces évolutions suppose d’être connue et d’être appliquée au bon moment : une demande à déposer dans les 60 jours, une plateforme agréée à retenir pour recevoir les factures, des cotisations qui changent de circuit en janvier.
Selon l’Insee, seuls 39 % des micro-entrepreneurs ayant réellement démarré leur activité sont encore actifs cinq ans plus tard. Recevoir un appui en matière de conseil ou d’information augmenterait de 7 points la probabilité de durer, un lien de causalité que l’institut ne tient pas pour formellement établi.
L’Insee prépare une enquête auprès de 75 000 créateurs ayant lancé leur activité au premier semestre 2026, dont 32 500 micro-entrepreneurs. Ils seront interrogés fin 2026, fin 2029 et fin 2031.





