Otan : la France et quatre autres grandes armées européennes veulent y jouer un rôle accru
Réunis à Paris, les ministres de la Défense de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni ont affirmé vouloir renforcer le rôle des Européens au sein de l’Otan. Dans une déclaration conjointe, ces cinq puissances militaires du continent appellent à assumer « une responsabilité accrue », tout en reconnaissant le caractère indispensable du soutien américain.

Dans ce texte, les signataires affirment que « l’Europe doit assumer une plus grande part de responsabilité pour sa propre sécurité ». Ils précisent que cette ambition sera menée « en étroite coordination » avec les États-Unis et l’ensemble des Alliés, et que les États-Unis sont et resteront « un allié indispensable ». Le texte est signé par Catherine Vautrin, Boris Pistorius, Guido Crosetto, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz et Wes Streeting. La Pologne était représentée par son vice-ministre, Pawel Zalewski.
Un calendrier et une méthode pour Washington
Lors d’une conférence de presse conjointe, la ministre française a indiqué que les cinq pays avaient décidé de travailler « concrètement » à cet objectif, « selon une méthode précise et un calendrier défini, et en toute transparence avec les États-Unis » sur le partage de la charge. La prochaine réunion du E5 doit se tenir en mars à Rome.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, qui a participé à la réunion, a appelé à « moderniser nos forces et nos capacités afin de bâtir une Europe plus forte au sein d’une Otan renforcée ». Pour sa part, Pawel Zalewski s’est dit convaincu qu’un accord serait trouvé avec Washington pour que le processus soit coordonné. Il a évoqué des arrangements définis ensemble par « Américains, Européens et Canadiens », afin qu’il n’y ait « aucune lacune capacitaire » ni « aucune lacune en matière de dissuasion ».
Ce débat intervient dans un contexte de réduction de la présence militaire américaine en Europe. En mai, le Pentagone avait annoncé le retrait de quelque 5.000 militaires d’Allemagne, soit environ 15 % des 36.000 soldats stationnés dans ce pays. Selon Washington, ce retrait serait effectif dans les « six à douze prochains mois ». Les Européens avaient alors été pris de court, la présence américaine jouant, selon la source, un rôle crucial pour la sécurité et l’économie locales.
Un soutien à l’Ukraine sans nouvel engagement
Les ministres du E5 ont également réaffirmé leur soutien à l’Ukraine, sans annoncer de nouvel engagement financier ou opérationnel. Le ministre britannique a déclaré : « Nous resterons aux côtés de l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra ». Il a aussi évoqué une menace russe « d’un type inédit depuis la fin de la Guerre froide ».
Il a toutefois tenu à préciser qu' »aucun d’entre nous ne cherche la guerre avec la Russie », ajoutant que les pays concernés « n’ont certainement aucun différend avec le peuple russe ».





