Silicium français : salariés et élus demandent à Bruxelles de le sauver face aux importations chinoises
Des salariés et élus français se sont mobilisés à Bruxelles pour demander à l’Union européenne de sauver la filière française du silicium, menacée par la concurrence chinoise. Plusieurs usines du groupe espagnol Ferroglobe sont à l’arrêt, alors que les prix se sont effondrés sur le marché européen.

Une filière menacée par les importations chinoises
Le silicium métal est un matériau peu connu, mais jugé très stratégique. Il est utilisé dans de très nombreuses industries, notamment la chimie, l’automobile, l’aéronautique, le photovoltaïque et l’électronique. Les usines concernées appartiennent au groupe espagnol Ferroglobe, dont l’avenir est compromis, selon des parlementaires de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en raison d’une « inondation du marché européen par le silicium chinois ».
Une soixantaine de salariés de l’usine Ferroglobe de Montricher-Albanne, en Savoie, ont organisé un rassemblement devant le Parlement européen pour symboliser la « mise à mort » de leur industrie, a déclaré Mickaël Lambert, secrétaire CGT du site. Il a dénoncé une situation sans visibilité : « Cela fait bientôt 14 mois qu’on est au chômage, là on est repartis pour trois mois de chômage partiel », sans garantie quant à un éventuel redémarrage du site.
Selon les informations rapportées, la forte hausse des importations de silicium chinois en Europe est à l’origine de cette situation. Ce produit supporte dans l’UE des droits de douane de 16,8 % seulement, contre 140 % aux États-Unis. Les prix ont chuté sur le marché européen, ce qui a conduit Ferroglobe à mettre plusieurs de ses sites à l’arrêt ces derniers mois. Les salariés craignent désormais des fermetures définitives.
Une hausse des droits de douane demandée
La délégation parlementaire transpartisane, qui rassemble des députés et sénateurs d’Isère, de l’Ain, de la Savoie et de la Haute-Savoie, a demandé à la Commission européenne la mise en place de « mesures de protection commerciale rapides », selon Emilie Bonnivard, députée LR de Savoie. Marie-Noëlle Battistel, députée PS de l’Isère, a qualifié la visite de « bonne nouvelle » : l’ouverture annoncée d’une procédure d’enregistrement de toutes les importations de silicium chinois dans l’UE.
Cette procédure permettra d’imposer rétroactivement de nouvelles mesures antidumping que Bruxelles pourrait décider. Salariés et élus appellent toutefois l’UE à accélérer le mouvement et à surtaxer sans plus attendre le silicium chinois, afin de contenir la progression des importations.
Des mesures existent déjà. La Commission européenne a mis en place des dispositifs de protection de la filière des ferro-alliages contre les importations chinoises, y compris le ferro-silicium, un alliage de fer et de silicium. Le silicium métal, forme pure du matériau dont Ferroglobe est un producteur majeur, n’était en revanche pas concerné par ce dispositif.





